Tout est relatif, même l’homme

Aujourd’hui beaucoup d’entre nous sont persuadés que l’homme industriel est le plus grand génie de l’univers et qu’aucun obstacle ne pourra raisonnablement s’opposer à sa pérennité. C’est le cas notamment des ultras-libéraux qui considèrent que la notion de richesse naturelle est fallacieuse et que la véritable richesse est celle créée par l’échange, celle-ci étant sans limite pour peu qu’on lui laisse une liberté totale s’exprimer dans tous les domaines. Sans vouloir contredire cette thèse, ce qui n’est pas l’objet de cet article, il m’apparaît nécessaire de replacer l’homme en tant qu’espèce animale dans son contexte terrestre. Un peu d’humilité s’impose :

Les temps relatifs :

  • Formation de la terre : il y a 5 milliards d’années
  • Apparition de la vie sur Terre : il y a 3,8 milliards d’années
  • Evolution du singe vers l’homme : il y a 2,5 millions d’années
  • Age des métaux : il y a 5.000 ans
  • Ere industrielle : il y a 300 ans

Si l’on ramène tout ceci sur une échelle de temps compréhensible, une journée de 24 heures par exemple, cela donne :

  • Si la terre s’est formée il y a 24 heures, l’homme est arrivé il y a 43 secondes
  • Si l’homme est arrivé il y a 24 heures, l’ages métaux a débuté il y a moins de 3 minutes, et l’ère industrielle il y a 10 secondes

Le climat :

Notons simplement que l’homme a subi des périodes chaudes et d’autres glaciaires, à chaque fois il s’est adapté. Une « période glaciaire » n’est qu’une succession de périodes chaudes et de périodes froides, dont la moyenne est plutôt froide. Chaque changement brusque de climat ou de géologie a entraîné une extinction d’une partie des espèces, suivie par l’évolution des espèces survivantes.

Ces courbes sont tracées à partir des courbes parues dans Les climats passés de la Terre de la société Géologique de France, aux éditions Vuibert. Je n’y ai ajouté que quelques notes pour aider à situer l’homme à travers ces variations.

La démographie :

L’homme est passé d’une population de moins de 1 millions d’âmes en –65.000 pour atteindre 7 milliards en 2013. Les périodes de fluctuation du nombre des hommes sur une période donnée sont fonction des aléas climatiques, et par voie de conséquences des ressources naturelles disponibles. Indépendamment des ces variations régulières de longues durée, il y a eu trois périodes de forte croissance :

  • Paléolithique supérieur (année –35.000) : nombre des hommes multiplié par 10 en 2000 ans passant de 600.000 à 6 millions
  • Néolithique et Age des métaux (année -5.000)  : nombre des hommes multiplié par 400 en 7.000 ans passant de 6 millions à 2,5 milliards (1950)
  • Révolution industrielle (en cours depuis année 1950) : nombre des hommes multiplié par 3 en 60 ans passant de 2,5 à 7 milliards

Pour le paléolithique supérieur, il ne semble pas qu’il y ait de relation avec le climat. L’évolution du nombre des hommes semble plutôt due à l’arrivée de Sapiens (Cro-Magnon) qui supplanta Neandertal.

Pour le néolithique, il y a corrélation entre le maximum holocène et le développement technologique. C’est sans doute un ensemble de conditions réunies à un moment donné, dont un climat clément, qui ont favorisé le développement technologique. L’amélioration des conditions de vie et la capacité à produire de la nourriture qui s’en sont suivis, ont bien sûr fait reculer la mortalité infantile, ce qui induisit une croissance démographique.

La sédentarisation :

La période de l’ère moderne concerne les 10.000 dernières années, après la révolution du néolithique. L’homme reproduit la nature en cultivant des graines, domestique les animaux et s’arrête de marcher, il s’installe. Il va désormais consacrer plus de temps qu’auparavant pour subvenir à ses besoins qui ne vont cesser de grandir. Les querelles antérieures vont devenir des guerres, notamment avec l’apparition des armes métalliques. Le début de la Civilisation, lié à la sédentarisation est aussi les début des problèmes.

La Métallurgie :

C’est un point important dans l’analyse menée ici. Si l’homme en était resté aux outils de pierre, nous ne serions encore que quelques tribus vivant autour des cours d’eau. C’est la découverte des métaux qui a permis de passer des outils en pierre et bois à des outils métalliques beaucoup plus efficaces. Il y a trois étapes dans l’histoire de la métallurgie :

  • Le cuivre, que l’on trouve à l’état naturel, puis l’étain qui, mélangé au cuivre donne le bronze,
  • Le fer que l’on ne trouve dans la nature que sous forme d’oxydes, que l’on réduit avec le carbone du charbon de bois pour extraire l’oxygène
  • L’acier, réduction des oxydes de fer à l’aide du coke

Chaque étape fut un progrès dans le façonnage des outils, la dernière permit de fabriquer des machines pour manier l’outil à la place de l’homme. C’est la base de la civilisation industrielle. Le revers de la médaille fut la fabrication d’armes de plus en plus perfectionnées et le début de bien des égarements tels la croissance, l’économisme, la volonté de maîtriser la nature et l’auto-vénération de l’intelligence humaine.

A propos de Georges Turlin 6 Articles
Ingénieur en plate formes pétrolières

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*