Qu’est-ce que la liberté ?

Glossaire de la décroissance réelle : définition contradictoire du terme “Liberté”

Dictionnaire Larousse : pas moins de 13 définitions sont données par le Larousse pour ce terme, représentant autant de déclinaisons thématiques possibles (liberté politique, de la presse, de pensée, etc.), sans qu’il lui semble possible d’établir un principe générique utilisable dans chaque cas de figure. Cette méthode consistant à remplacer une définition par une énumération d’exemples est un aveu d’impuissance à conceptualiser une notion générale en tentant de l’hypostasier, ce qui est inquiétant pour un dictionnaire de référence, mais correspond bien à la volonté affichée par l’oligocratie en place de ne pas définir clairement une notion aussi centrale dans le but évident de pouvoir lui faire dire ce qu’il veut le moment voulu. Voila une preuve manifeste de l’allégeance faite au pouvoir politique par un organe encyclopédique, pourtant supposé neutre par nature.

Pouvoir oligocratique : la liberté représente l’ensemble des moyens mis à la disposition d’un individu (ou d’un groupe d’individus) pour acquérir ce dont il a envie. Cette définition généralement livrée par les représentants du système en place est celle de la liberté dite positive ou liberté pratique, c’est à dire celle qui détermine le pouvoir de faire et qui, dans la société croissanciste industrielle, est illustrée par   le sacro-saint concept de pouvoir d’achat. De ce point de vue, le niveau de liberté d’un individu s’apprécie donc en fonction de sa capacité plus ou moins grande à consommer, en choisissant dans l’éventail de l’offre de biens et services qui lui est présenté par la société marchande.

Parti pour l’après croissance : au contraire de la définition donnée par le pouvoir oligocratique, nous affirmons que la liberté générique se démontre par son caractère négatif. En effet, la liberté est une notion abstraite qui se fonde sur une approche théorique de l’action humaine, et non pas sur un quelconque descriptif de ses modalités pratiques. En termes clairs, nous considérons que l’exercice de la liberté concerne le droit de faire en général, alors que la définition oligocratique ne s’attache qu’à la valorisation des moyens mis en oeuvre par l’individu pour pouvoir agir.

Afin d’être encore plus clair, et en utilisant un exemple concret pour bien distinguer entre ces deux acceptions rivales de la liberté, nous dirons qu’un individu qui possède un pouvoir d’achat lui permettant de se payer un voyage à l’étranger mais qui est soumis à un corpus législatif étatique lui interdisant de quitter son pays n’est pas libre. A contrario, un individu qui ne possède pas un pouvoir d’achat suffisant pour lui permettre de se payer un voyage à l’étranger mais qui est soumis à un corpus législatif étatique qui l’autorise à quitter son pays est incontestablement libre. Il découle de cette option, que le droit (au sens de la loi) prévaut sur le pouvoir (au sens de la capacité matérielle) et que le degré de liberté ne se mesure qu’à l’aune du droit de faire.

A propos de Christian Laurut 77 Articles
Chercheur indépendant en organisation sociétale

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