Pourquoi cette candidature en 2022 ?

Bonjour à toutes et à tous,

Je m’appelle Christian Laurut et j’ai décidé de présenter ma candidature à la prochaine élection présidentielle de 2022.

Originaire de la Haute Savoie, et de formation ESSEC, j’ai longtemps exercé l’activité de chef d’entreprise, mais je suis passé progressivement, ces dix dernières années, de l’action à la réflexion en écrivant des livres, en réalisant des vidéos et en donnant des conférences sur sujets traitant principalement de l’économie politique, ou plus exactement de l’économie « et » de la politique.

Toutes ces réflexions, que j’ai pu diffuser ces dernières années par l’intermédiaire de ces différents supports ne sont pas issues « que » de lectures spécialisées, d’enseignements académiques, ou de débats militants, « mais également », et surtout pour ce qui concerne leurs motivations profondes, de l’expérience professionnelle que j’ai pu acquérir notamment dans les domaines de l’agro-alimentaire, de l’informatique et de la formation.

Et c’est, au départ, à partir de ma pratique concrète sur ces différents terrains, que j’ai commencé, progressivement, à m’interroger sur le sens, sur le fondement et sur ….. l’avenir du système économique capitaliste croissanciste dans lequel nous vivons, et que j’ai, également, commencé à me questionner, dans le même temps, sur la validité de son mode de gestion politique.

Et c’est ainsi que j’ai évolué vers cette activité de réflexion, qui, et je tiens encore à la souligner, vient synthétiser mes 40 années de pratique professionnelle d’entrepreneur indépendant, cette activité de réflexion que je qualifierais aujourd’hui d’activité de recherche en organisation sociétale dans les domaines conjugués de la démocratie directe et de la décroissance. Activité, faut-il le préciser également, totalement indépendante de tout financement, de tout salariat ou de tout mandatement particulier.

J’ai donc décidé de tenter l’aventure d’une candidature pour cette élection majeure et très médiatisée de la présidentielle 2022, candidature que j’ai naturellement basée sur le thème principal que je développe depuis déjà dix ans, celui de la décroissance.

Alors pourquoi cette candidature de la décroissance ?

Tout d’abord, il convient de préciser que cette candidature ne sera pas promue comme une candidature d’accession au pouvoir, mais, très clairement comme une candidature d’alerte qui, profitant de cette rare fenêtre médiatique généreusement proposée par l’oligocratie, s’attachera à poursuivre une mission d’éducation populaire et portera prioritairement sur cinq thèmes :

1er thème – La décroissance inéluctable : je m’attacherai à soutenir l’idée que la décroissance n’est pas une idéologie, ni une philosophie, ni, encore moins, une religion, mais que c’est une réalité prochaine, une évolution inéluctable quoi qu’on fasse liée à la simple application des lois de la physique dont la société industrielle a cru pouvoir s’affranchir, évolution dont la première phase est sans doute déjà amorcée mais qui n’est pas encore visible à l’oeil nu.  La date de survenue de la phase visible de cette évolution inéluctable dépendant toutefois d’un certain nombre de facteurs et, de ce fait, ne pouvant pas être fixée avec précision. Je m’efforcerai de démontrer, chiffres à l’appui, que le système de la croissance est proche d’un état de banqueroute généralisée, c’est à dire d’une rupture fatale. J’exposerai inlassablement les raisons qui conduisent à considérer que la question qui se pose à nous n’est pas de savoir si nous sommes pour ou contre la décroissance, mais bien plutôt de savoir comment nous allons pouvoir nous adapter au déclin inéluctable de notre système industriel, tout en évitant l’effondrement.

2ème thème – La critique de la croissance :  J’expliquerai que la société de la croissance conduit à l’échec dans pratiquement tous les domaines (notamment le domaine de l’application des lois de la physique, mais également dans les domaines comptable, financier, sanitaire, alimentaire, culturel, social, politique). De ce point de vue cette critique s’entend comme un diagnostic réel portée sur une société souffrant d’une maladie incurable : la croissance. Autre élément revêtant une importance fondamentale : Cette critique se voudra objective et non pas subjective.

3ème thème – La critique du capitalisme : Ces chroniques traiteront de la consubstantialité de la croissance et du capitalisme. Je m’efforcerai d’expliquer et de démontrer que le capitalisme est le fait générateur essentiel de la croissance et qu’il est l’activateur principal de sa durabilité. Ce qui, du même coup, identifiera ma critique radicale de la croissance à une critique radicale du capitalisme, capitalisme, terme amplement polysémique et galvaudé, mais dont je proposerai une définition claire et exhaustive afin de bien fixer les idées et éviter les dialogues de sourds sur ce sujet particulièrement compliqué. Ayant ainsi clairement défini les véritables fondement du capitalisme, j’exposerai les moyens de rompre pacifiquement et légalement avec lui.

4ème thème – La promotion de la démocratie directe : De même que le capitalisme est consubstantiel de la croissance, l’oligocratie (ou si l’on préfère la démocratie représentative) est consubstantielle du capitalisme. La constatation de cette homothétie m’amènera à expliquer que le capitalisme ne peut s’exprimer politiquement qu’à travers un système qui réserve le pouvoir de fabriquer les lois, c’est à dire plus globalement toutes les règles coercitives, à un groupe restreint, une minorité de personnes représentatives de la caste des marchands et pas de l’ensemble des citoyens. Suivant le même schéma méthodologique que pour le capitalisme, j’exposerai les moyens de rompre pacifiquement et légalement avec l’oligocratie et d’établir enfin une vraie démocratie : la démocratie directe

5ème thème – La promotion du programme pour une société de l’après croissance  : L’inéluctabilité de la survenue de la décroissance débouche mécaniquement sur une société de l’après croissance. Pour gérer de façon optimale cette société contrainte, je proposerai un programme, celui du Parti pour l’après croissance. Mais , je prendrais soin de bien expliquer que ce programme ne s’adresse qu’à des citoyens déjà convaincus au préalable de l’inéluctabilité de la croissance (ou de la non durabilité de la croissance) c’est à dire ayant déjà été convaincus par les argumentations développées dans les quatre thèmes précédents. De ce point de vue, ce programme pour une société de l’après croissance n’a pas pour objectif de chercher à convaincre, mais de proposer un schéma de travail pour la construction d’un déclin au préalable considéré comme acquis.

Cette prise de conscience, cette alerte, je m’efforcerai d’y contribuer par des chroniques vidéos hebdomadaires (chaque mardi) qui porteront alternativement ou conjointement sur chacun de ces cinq thèmes.

A ceux qui me demanderont quelles solutions je propose, à travers le Programme pour une société de l’après croissance notamment, je répondrai que ce programme n’est qu’un exemple de dispositif adaptatif pour une société qui aurait pris conscience de l’inéluctabilité de la décroissance et qui désirait entrer dans une société de l’après croissance en se donnant le maximum de chance de se préserver d’un effondrement fatal. Car face à l’impasse de la croissance, l’étape des solutions n’est pas encore d’actualité ! Il faut d’abord passer par cette étape préalable de la prise de conscience populaire de l’inéluctabilité de la décroissance, et nous en sommes encore, malheureusement, assez loin.

A ceux qui  m’objecteront que mon discours est trop extrémiste (ou utopique), et qu’il ne passera jamais, objection formulée soit par des gens tentés de me soutenir (mais freinées par ce pronostic de faible audience), soit par des détracteurs qui utiliseront ce qualificatif comme une marque de mépris, je répondrai que ma conception de la politique n’a rien à voir avec le marketing mais qu’elle est guidée par la recherche permanente de la juste analyse et que, de ce fait, mon éventuel succès ne sera pas à rechercher dans un indice d’audience ponctuelle, mais dans ma capacité à ne pas être mis en défaut dans mon argumentation par aucune critique argumentée et de bonne foi.

Enfin, je répondrai également que, contrairement aux apparence, l’utopie n’est pas de mon côté, mais plutôt du côté de ceux qui croient que la croissance peut durer encore longtemps, ou même qu’elle peut être remplacée par un état stationnaire.

Mais l’utopie se situe aussi du côté de ceux qui croient qu’une décroissance volontaire peut être installée par la volonté de l’homme au niveau de la planète toute entière.  Cette décroissance-là n’est qu’un rêve, une idée fictive,  une décroissance imaginaire qui s’oppose à la décroissance inéluctable, la seule décroissance pouvant être qualifiée de décroissance réelle.

Je vous remercie,

A bientôt

Et vive la société de l’après croissance !

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Chercheur indépendant en organisation sociétale